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Cahier de notes

Bienvenue dans mon p'tit coin de l'internet!

Je m'ennuie de l'époque où on ne publiait rien pour l'algorithme. On publiait sur Skyblog et MySpace pour nous et notre cercle d'amis, pas pour plaire aux robots. C'est un peu ce que j'essaie de recréer ici. Du contenu par une humaine pour des humain·es.

St. Louis n’a jamais figuré au palmarès des villes américaines que j’aimerais visiter à tout prix. Or le hasard fait bien les choses parce que cette grande ville du Missouri accueillait en 2019 (et accueillera en 2020) le WordCamp US et que j’avais prévu y participer.

J’ai toutefois voulu pimenter l’expérience en m’y rendant avec ma fidèle caravan qui m’y hébergera également pendant les 3 jours que dure le WordCamp US. Comme j’aime bien relever ce genre de défi, j’ai acheté mon billet pour la conférence, et c’est tout! Pas de billet d’avion, pas de AirBnb, pas de contacts sur place. Rien du tout.

L’aller

Jour 1

J’ai quitté Montréal avec 4 jours d’avance, le 28 octobre 2019. Je suis partie après ma journée de travail (mais avant l’heure de pointe!) avec comme premier arrêt Syracuse, dans l’État de New York. Environ 4h30 de route plus tard, je suis arrivée dans la ville en fin de soirée avec un élan de productivité et une envie d’un café chaud. J’ai donc passé le reste de ma soirée au Recess Coffee avant de me diriger vers le Wal Mart le plus près pour une bonne nuit de sommeil.

Jour 2

La deuxième journée a été entre-coupée de blocs de travail et de bloc de route. J’ai d’abord conduit jusqu’à Rochester, toujours dans l’état de New York, où j’ai déniché un charmant petit café de quartier, le Cafe Sasso. J’y ai passé quelques heures très productives (yay!), puis j’ai profité du doux temps d’automne pour aller marcher dans le Cobb’s Hill Park tout près.

Ensuite, j’ai repris la route. Prochain arrêt : Buffalo, toujours dans l’état de New York. J’avais déjà visité Buffalo quelques années auparavant, et j’y connaissais déjà quelques charmants cafés. Le hic, c’est qu’il était tard et que ces cafés étaient fermés. Une rapide recherche sur Google me mène au Caffe Aroma dans le Elmwood Village. Je suis tombée sous le charme! J’ai terminé ma soirée dans ce joli café, histoire de me détendre un peu avant de reprendre la route vers mon dernier arrêt de la journée.

J’ai dormi à Cleveland, Ohio, cette nuit-là, quelque part dans une rue résidentielle de Lakewood.

Jour 3

Ce matin là, je me suis réveillée assez tôt afin de ne pas prendre de retard sur ma journée de travail et de route qui m’attendait. J’ai commencé à The Root Cafe en savourant un délicieux brunch végétalien et en travaillant quelques heures. Déjà vers 10h du matin, l’endroit était bondé et il m’était difficile de me concentrer. J’ai juste traversé à la Lakewood Public Library juste en face pour terminer ce que j’avais commencé. En début d’après-midi, j’étais prête à reprendre la route direction Columbus!

J’ai passé l’après-midi sur la route, et je suis arrivée à destination un peu plus tard que prévu. Or le café où j’avais prévu m’arrêter pour terminer ma journée fermait bientôt, j’ai donc opté pour la Columbus Metropolitan Library.

En fin de soirée, après une journée hautement productive, je me sentais encore assez en forme pour reprendre la route, histoire de prendre de l’avance pour les prochains jours. J’ai roulé jusqu’à Indianapolis, où je me suis stationnée dans un Wal Mart pour y passer la nuit.

Jour 4

Je me suis réveillée ce matin là avec quelques constatations. D’abord, il faisait excessivement froid. Un front froid inhabituel se dirigeait vers le Midwest. Pas pratique quand on loge dans une voiture chaussée de pneus d’été… Je devrai redoubler de prudence! Ensuite, on est le 31 octobre, donc je devais remettre mon rapport de taxes avant minuit. Encore une fois, ça m’était totalement sorti de la tête! Je me suis dirigée au Starbucks le plus près pour me débarrasser de ma paperasse au plus vite et pour répondre à mes courriels. J’ai ensuite passé le reste de ma journée de travail au Hubbard & Cravens Coffee à Indianapolis.

Comme vous l’auriez remarqué, les derniers jours ont été assez redondants et pas très très actifs, mis à part quelques marches ici et là. J’avais aussi cruellement besoin de prendre une douche! Je me suis donc inscrite à une classe de yoga au studio kOMpose.

Ensuite, en route vers St. Louis!

Le WordCamp

Les 3 jours qu’ont duré le WordCamp se sont déroulé comme un charme! J’avais trouvé une petite rue résidentielle tranquille non loin d’une station de train pour stationner ma van. Je me levais tôt le matin, j’allais prendre un café et un déjeuner au café du coin et j’en profitais pour faire ma toilette discrètement tant qu’à y être. Je pouvais ensuite me diriger vers la station et rejoindre le Convention center super facilement en train.

Les soirs, je soupais en ville, je participais aux évènements sociaux en soirée et quand venait le temps de me coucher, je regagnais discrètement mon véhicule pour dormir sur mes 2 oreilles.

Le retour

Le retour mériterait un article de blogue à lui seul, puisque je n’ai finalement pas pris le chemin de Montréal. Je suis passée par Nashville chercher mon copain à l’aéroport, puis ensemble nous avons visité Atlanta, les Everglades, Tampa Bay, Miami, les Florida Keys, Washington DC… entre autres! Ce sera un récit pour une autre fois…

Avoir la possibilité de travailler à distance, c’est ça qui me permet de voyager autant. Ça donne tellement de flexibilité! Ça a été ma motivation première à me lancer dans le travail à la pige. Mais une fois qu’on est arrivé à destination, que le soleil brille et qu’il fait super chaud, pas toujours motivant de sortir son ordi pour travailler quelques heures.

Voici des petits trucs qui, selon moi, permettent d’avoir un bon équilibre travail-voyage.

Se lever tôt

Moi qui n’est vraiment pas une lève-tôt, je ne pensais jamais aimer me lever de bonne heure un jour. Mais en travaillant à distance, j’aime bien mieux clancher tout ce que j’ai à faire le matin pour avoir du temps libre pour visiter la ville en après-midi. J’essaie de travailler entre 4 et 5 heures par jour, 4 jours par semaine (16-20 heures par semaine). Si je réussis à travailler de 8h à midi, ça me laisse tout le reste de la journée pour explorer!

À Da Nang, au Vietnam

Trouver des cafés proches des attraits touristiques

Il y a tout plein d’outils en ligne pour dénicher de jolis cafés où s’installer quelques heures pour travailler. Ça permet de travailler un peu tout en visitant un nouveau quartier, c’est un bon compromis! Tu peux donc te rendre dans un quartier que tu souhaites visiter, explorer un petit peu, t’assoir 1 heure ou 2 pour avancer ton travail et retourner jouer les touristes après.

Attention par contre, la productivité peut être difficile quand le café n’a pas un bon wifi, est super bruyant ou n’a pas de prises de courant… mieux vaut avoir un plan B et ne pas prévoir de meeting importants!

S’assurer que l’endroit où on loge comprend un poste de travail

Pas facile de travailler des heures assis sur son lit ou sur un petit tabouret instable de comptoir… Avant de réserver une chambre dans un AirBnb, un hôtel ou un hostel, je m’assure toujours qu’il y a du wifi et un bureau avec une chaise confortable où je pourrai travailler sur mon ordi. La fonction “voyage d’affaires” de AirBnb est parfaite pour ça!

À Cancun, au Mexique

Rencontrer d’autres digital nomads

Quand on travaille tout seul, c’est facile de perdre le focus et d’avoir une baisse de motivation. Si on rencontre d’autres voyageurs, ceux-ci sont probablement en vacances, et ça, c’est encore plus difficile pour sa productivité. Partir à la recherche d’une communauté de travailleurs à distance dans la ville, ça aide beaucoup à briser l’isolement sans compromettre son horaire de travail (ou presque). Il existe tout plein de groupes Facebook ou Whatsapp qui rassemble des nomades digitaux dans la plupart des grandes villes.

Ajuster ses semaines selon la température

Avoir cette chance, ça n’a pas de prix! Quand la météo est ordinaire, j’en profite pour faire une grosse journée de travail, autant d’heures que possible! Comme ça, quand le soleil revient, je peux faire une plus petite journée et profiter du beau temps.

Prendre un abonnement à un coworking

Les espaces de coworking poussent à vue d’oeil partout sur la planète! Plusieurs offrent des laisser-passer d’une journée, d’une semaine ou de un mois. Travailler d’un espace permet de sortir de sa chambre, de s’assurer d’une bonne connexion internet, de rencontrer d’autres entrepreneurs et, dans certains cas, d’économiser sur le café!

À Huế, au Vietnam

C’est ben beau sur Instagram, mais la vie de digital nomad, c’est pas tout rose. Il y a une grosse différence entre partir en vacances dans un autre pays et aller travailler d’un autre pays. Mais une fois qu’on a assimilé ça, c’est plus facile d’être productif dans une destination voyage.

C’est fou comme un petit détail peut changer toute une vie. Moi, ça a commencé par un livre. Un livre écrit par un gars qui a lâché sa job pour voyager tout le temps. Pas un marginal ou un multi-milionnaire là. Un humain comme toi pis moi. En résumé, il dit que les nouveaux riches sont pas ceux qui ont le plus d’argent; ce sont ceux qui ont le plus de temps. À quoi ça sert de faire 400 000$ par année si c’est pour travailler 55h/semaine?! Ça a mijoté un bout de temps dans ma p’tite tête en me disant qu’un jour, je ferais bien ça moi aussi. Un jour.

Pis là, j’arrive à ce passage là. Ça m’a fait comme une gifle en pleine face. Comme si ça m’étais personnellement adressé.

For all of the most important things, the timing always sucks. Waiting for a good time to quit your job? The stars will never align and the traffic lights of life will never all be green at the same time. The universe doesn’t conspire against you, but it doesn’t go out of its way to line up the pins either. Conditions are never perfect. « Someday » is a disease that will take your dreams to the grave with you. Pro and con lists are just as bad. If it’s important to you and you want to do it « eventually, » just do it and correct course along the way.

Depuis l’instant précis où j’ai lu ça, ça ne m’a pas quitté l’esprit. Pas une seule journée. Pendant un an.

J’ai remis en question pas mal tout. Ma vie en général. J’adorais mon emploi, mais j’avais pas mal de passe-temps aussi. En gros, j’avais juste jamais le temps pour rien. J’étais toujours à la course, pis en retard pareil. Est-ce que c’était vraiment comme ça que je me voyais vivre dans les années à venir? Bien sur que non.

Plus tôt l’automne dernier, j’ai écouté un Ted Talk sur la gestion du temps. Pis ça m’a fait réalisé ben des affaires. C’est vrai que le temps c’est toujours mon excuse. Pourquoi j’ai pas de lunch ce midi? Pourquoi je m’entraîne pas 4 jours par semaine? Pourquoi mon appart est en bordel? Pas le temps. Mais c’est pas tant vrai tsé. On a tous 24 heures dans une journée. Il faut juste savoir bien les gérer. Il faut juste décider ce qu’on priorise et couper dans le superflu. Je me suis mise à faire des p’tits calculs rapides : 1 h de transport en commun x 2 (aller-retour) x 5 (lundi au vendredi) = 10 h. 10 h par semaine que je passais dans le métro. Ça, ça m’est tout de suite paru comme du superflu. Encore une autre petite réflexion qui m’a hantée pendant plusieurs mois.

Alors voila. J’ai décidé d’arrêter d’attendre un signe du ciel pour vivre la vie que j’idéalise et de foncer. Honnêtement, j’ai trouvé le meilleur des deux mondes. Je continue de travailler dans ce que j’aime, et je peux voyager à temps plein (ou du moins quand je veux!).

Bref, c’est pour ça que j’suis assise avec mon carry-on, mon paseport, un aller-simple vers le Texas et un billet pour le SXSW. Bye là!

J'suis qui

Comme ma façon de m’exprimer, pas mal tout chez nous est coloré. 

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