Mastodon

Non mais on peut-tu arrêter de vouloir toujours rentabiliser notre temps?

J’ai lu un livre récemment, How to do nothing : Resisting the Attention Economy par Jenny Odell (C’est mon lien affilié chez Les libraires, j’suis rendue big de même). Ça m’a fait réaliser comment, en 2026, on veut toujours rentabiliser notre temps. Tout est accessible partout tout le temps, donc pourquoi ne pas écouter un livre audio sur le développement personnel en pliant la brassée de lavage, ou répondre à ses courriels sur son cellulaire en attendant dans la salle d’attente chez le doc? On est toujours connecté, donc toujours occupé.

À un point tel que je me suis rendue compte que je ne fais plus jamais “rien”. ON ne fait plus jamais “rien”. Il faut rentabiliser notre temps, toujours. C’est valorisé dans notre société, être productif.

Si je suis assise sur le divan en train de “relaxer”, souvent je vais lire, rattraper mes notifications sur mon cell ou planifier les repas/faire la liste d’épicerie. C’est ben ben rare, je ne fasse rien. La fin de semaine dernière, je suis allée marcher dans les sentiers de ma ville. Une boucle de 5km totalement en nature, sans bruit autre que le bruissement des feuilles dans le vent ou le son de mes pas sur la terre… et un podcast dans mes oreilles. Pourquoi j’ai ressenti le besoin d’écouter un podcast quand j’aurais pu ne rien entendre pendant 5 km? Pour rattraper des épisodes, pour relaxer, pour rentabiliser ma hike. Yikes.

Un autre concept qui m’a fait réagir dans le livre, c’est la notion de l’économie de l’attention. C’est payant et ça rapporte, notre attention, donc les compagnies font tout pour se l’approprier un petit peu. Les réseaux sociaux en sont un bon exemple, ils sont conçus spécifiquement pour nous retenir le plus longtemps possible sur leur plateforme : un feed infini avec du contenu que tu aimes grâce à l’algorithme, des p’tits vidéos courts pour que tu passes au prochain, pendant plus longtemps que tu avais prévu.

D’ailleurs, j’ai vu un étude assez terrifiante de l’Université Louis-et-Maximilien de Munich sur comment le cerveau construit notre perception du temps à partir de l’attention et de la mémoire. Le défilement numérique (scrolling) interactif et rapide pousse les individus à sous-estimer le passage du temps de près de 60 %. Tsé quand on dit que le temps passe trop vite, ben en fait c’est pas juste une impression : plus on scroll, moins on crée de souvenirs distincts, et c’est ça qui fait que le temps file sans laisser de traces. ÇA ME TERRORISE.

Fin de la parenthèse, revenons au livre de Jenny Odell.

Même si on ne le valorise plus vraiment, ne rien faire est super important. Il faut se garder des moments d’ennui, de réflexion et de vide pour justement se protéger de l’économie de l’attention. Et c’est souvent lorsqu’on laisse l’espace à notre cerveau pour vagabonder qu’on peut tomber sur une idée de génie. Refuser de consommer ou de produire du contenu pendant une certaine période de temps, ça nous force à reconnecter avec notre environnement, d’observer ce qui nous entoure, et d’être plus présent·e.

Une mission que j’essaie d’appliquer à partir de maintenant!

How to Do Nothing par Jenny Odell, sur ma liseuse avec ma pelouse jaune en arrière-plan.
Image de Alexanne
Allô! Bienvenue dans mon p'tit coin de l'internet. À propos de moi : développeuse WordPress qui aime écrire, grande voyageuse qui aime son petit chez-soi à la campagne, maman x2 et grande amatrice de café, virtuel ou pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Si tu as aimé cet article, continue ta lecture ici :